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Un élu devient absent, inactif, ou son comportement pose des problèmes concrets au bon fonctionnement du comité social et économique. Peut-on révoquer un membre du CSE ? Oui mais pas dans tous les cas.
La réponse dépend d'un critère précis : l'élu a-t-il été présenté par un syndicat au premier tour des élections, ou non ?
Découvrez les conditions de révocation d’un élu et la procédure à mettre en place.
Un élu CSE est élu pour 4 ans. C'est long. Et pendant ce temps, les situations évoluent : un élu peut devenir absent, inactif, ou poser des problèmes concrets au bon fonctionnement du CSE. C'est souvent à ce moment-là que la question de la révocation se pose.
Les situations qui amènent le plus souvent à cette démarche :
📌 Bon à savoir : la révocation est une procédure lourde, rarement rapide, et dont l'issue n'est jamais garantie. Dans la plupart des cas, engager le dialogue en premier reste la voie la plus efficace. Il ne s'agit pas d'y aller en accusateur, mais de comprendre les difficultés rencontrées par l'élu, et d'y apporter des solutions concrètes si elles existent.
Si le dialogue est impossible ou a échoué, alors la question de la révocation peut se poser sérieusement. Mais encore faut-il savoir si elle est légalement possible dans votre situation.
Oui mais pas dans tous les cas. Et la réponse dépend d'un seul critère : l'élu a-t-il été présenté par un syndicat au premier tour des élections ?
C'est ce que prévoit l'article L.2314-36 du Code du travail : “tout membre de la délégation du personnel du CSE peut être révoqué en cours de mandat sur proposition de l'organisation syndicale qui l'a présenté, avec l'accord obtenu au scrutin secret de la majorité du collège électoral auquel il appartient.”
La révocation du mandat est possible. Elle est strictement encadrée, mais elle existe.
Trois conditions doivent être réunies : l'élu fait partie d'une organisation syndicale, la révocation est initiée par le syndicat qui l'a présenté lors du premier tour des élections, et elle est approuvée à la majorité du collège électoral auquel il appartient.
Ce que cela signifie concrètement :
📌 Bon à savoir : seul le syndicat ayant présenté la liste électorale peut initier cette procédure. Un autre syndicat, même majoritaire ou représentatif, n'a pas ce pouvoir.
Pour les candidats dits “libres”, sans casquette syndicale, il est impossible d'envisager une telle révocation. Peu importe le motif invoqué (inaction, absentéisme, comportement problématique). La loi ne prévoit aucune procédure applicable dans ce cas.
La seule issue : attendre les prochaines élections professionnelles.
Il faut ici distinguer deux réalités que l'on confond souvent.
Révoquer le mandat d'un élu = il quitte le CSE définitivement.
Révoquer une fonction au bureau (secrétaire, trésorier…) = l'élu perd son rôle au bureau, mais reste membre du CSE à part entière. Il conserve ses heures de délégation, sa protection de salarié protégé, et tous ses droits.
Cette révocation-là peut être décidée à tout moment par le CSE lui-même, en réunion plénière. Il convient de vérifier au préalable le règlement intérieur du CSE, qui peut prévoir des modalités particulières.
ℹ️ Notre conseil : si c'est le comportement d'un trésorier ou d'un secrétaire qui pose problème (et non son mandat d'élu en lui-même) c'est cette voie qu'il faut privilégier. Elle est plus simple, plus rapide, et ne nécessite pas l'intervention d'un syndicat.
La procédure de révocation dépend du cas dans lequel vous vous trouvez : s’agit-il d’un mandat ou d’une fonction ?
C'est la procédure la plus encadrée. Elle suit un chemin précis, et chaque étape compte.
Étape 1 - Contacter le syndicat
Salariés ou élus du CSE : la première démarche est de contacter le syndicat qui a présenté l'élu. Il faut lui faire part des griefs, de manière collective de préférence, avec des cas concrets à l'appui. Le syndicat reste libre d'accepter ou de refuser d'engager la procédure.
Étape 2 - Le syndicat saisit l'employeur
Si le syndicat trouve les arguments justifiés, il va demander à l'employeur d'organiser un vote à bulletin secret. Cette demande se fait par lettre recommandée. En tant que président du CSE, l’employeur est chargé d'organiser le vote — pas de l'initier.
Étape 3 - L'élu peut s'exprimer avant le vote
L'élu concerné a le droit, avant le vote, d'exposer sa défense. C'est une garantie procédurale importante. Ne pas respecter cette étape expose la procédure à une contestation.
Étape 4 - Le vote à bulletin secret
Seuls les salariés faisant partie du même collège électoral que l'élu visé sont invités à voter. Les autres collèges ne participent pas.
Étape 5 - Le résultat
La révocation est approuvée si elle obtient la majorité du collège électoral. Elle ne prend effet qu'après cette ratification.
Étape 6 - En cas de contestation
En cas de contestation du résultat, c'est le tribunal judiciaire qui sera compétent pour prendre une décision.
ℹ️ Notre conseil : si le syndicat refuse d'initier la procédure, il n'existe pas d'autre recours légal pour révoquer l'élu. C'est une limite réelle de ce dispositif. Documenter les manquements par écrit reste utile — pour appuyer votre demande auprès du syndicat, ou pour toute démarche ultérieure.
Cette procédure est plus simple : elle se gère en interne, sans intervention syndicale.
Étape 1 - Vérifier le règlement intérieur du CSE
Il convient de vérifier si des modalités particulières sont prévues dans le règlement intérieur. En l'absence de dispositions spécifiques, la décision doit se prendre lors d'une réunion du CSE.
Étape 2 - Inscrire la révocation à l'ordre du jour
Le secrétaire inscrit deux points : la révocation de la fonction, et si elle est adoptée, la désignation d'un remplaçant. Les deux se traitent dans la même réunion.
Étape 3 - Laisser l'élu s'exprimer
Les faits reprochés doivent être portés à la connaissance de l'intéressé, lequel doit avoir la possibilité de s'en expliquer avant le vote. C'est une condition de régularité de la procédure.
Étape 4 - Vote des membres élus
La décision est prise en réunion plénière. Le vote doit prendre une forme identique au vote qui a permis la désignation initiale.
Étape 5 - Désigner un remplaçant
Si la révocation est adoptée, le CSE procède immédiatement à la désignation d'un nouveau titulaire pour la fonction. Ne pas le faire expose le CSE à un fonctionnement sans secrétaire ou trésorier, ce qui pose des problèmes pratiques et juridiques.
📌 Bon à savoir : L'élu révoqué de sa fonction au bureau reste membre du CSE à part entière. Il continue d'assister aux réunions, de voter, et de bénéficier de sa protection de salarié protégé. Seul son rôle au bureau disparaît.
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A propos de l'auteur
Eddy F
Responsable Marketing pour HappyPal, je me suis donné la mission d’aider les élus CSE à booster le pouvoir d'achat des salariés. Hors travail, je suis un mordu de lecture et de musique électronique.