Démission du CSE - Quelles sont les règles ?

Démission du CSE - Quelles sont les règles ?

La démission du CSE est un droit. Mais derrière cet acte individuel se cachent plusieurs enjeux collectifs : remplacement, quorum, représentation des collèges, obligations de l’employeur.

Alors quelles sont les règles applicables ? Comment garantir la continuité du comité social et économique malgré l’absence d’un ou plusieurs membres ? Happy Pal répond à vos questions. 

Est-il possible de démissionner du CSE ?

Le principe de liberté de démission

Un élu peut mettre fin à son mandat sans avoir à justifier sa décision. Le Code du travail n’impose pas la présentation d’un motif, qu’il soit personnel, professionnel ou lié au fonctionnement du CSE.

Cette liberté s’exprime également par l’absence totale de procédure d’autorisation. Aucun accord de l’employeur n’est requis, et le CSE n’a pas à se prononcer sur la démission. Il ne s’agit ni d’un vote, ni d’une validation, mais d’un acte unilatéral du délégué du personnel. 

Et surtout, la démission du CSE est possible à tout moment du mandat, y compris en cours d’année ou peu de temps après l’élection. Là encore, le droit ne prévoit ni délai minimal à respecter, ni période durant laquelle la démission serait interdite.

Ce droit à la démission vise les titulaires et les suppléants, mais aussi d’autres mandats de représentation (comme le représentant syndical au CSE). En revanche, le président ne peut pas quitter le comité social et économique. Ce n’est pas un élu. Sa présence découle de sa qualité d’employeur ou de représentant de l’employeur.

📌 Bon à savoir : La démission n’est pas le seul cas prévu par le Code du travail. L’article L2314-33 vise d’autres situations mettant fin au mandat : rupture du contrat de travail, perte des conditions d’éligibilité ou arrivée du terme du mandat. Contrairement à la démission qui relève d’un choix personnel, les autres hypothèses résultent d’un changement de situation juridique. 

Démission du CSE ou démission du contrat de travail 

La démission du mandat CSE et la démission du contrat de travail ne vont pas forcément de pair

D’un côté, la démission du mandat ne signifie pas la rupture du contrat de travail. Un salarié peut quitter ses fonctions d’élu tout en restant salarié de l’entreprise. Son contrat de travail se poursuit dans les conditions habituelles. Ce qui change, c’est la fin de ses droits et obligations liés au mandat (heures de délégation, protection, participation aux réunions). Mais la qualification, la rémunération, le poste ne sont pas affectés. 

À l’inverse, la rupture du contrat de travail (démission, licenciement, rupture conventionnelle, départ à la retraite) entraîne de plein droit la cessation du mandat CSE, sans formalité particulière.

Suspension du mandat CSE et démission 

La démission met fin définitivement au mandat de membre du CSE. À l’inverse, certaines situations entraînent une suspension temporaire du mandat, sans rupture définitive avec la fonction d’élu.

  • Le congé parental, sabbatique ou sans solde : l’élu voit son mandat suspendu pendant la durée de l’absence. Le mandat reprend automatiquement à l’issue de cette période, sans nouvelle élection ni formalité particulière.
  • La mesure disciplinaire : un salarié mis à pied conserve en principe son mandat, sauf disposition spécifique ou décision judiciaire contraire. Ce point doit être apprécié au cas par cas.

La suspension ne suppose aucune manifestation de volonté de l’élu. Elle est temporaire et réversible. La démission, en revanche, est un acte volontaire qui met fin au mandat de manière irrévocable.

Quelle est la procédure pour démissionner du CSE ?

Le formalisme attendu 

La loi n’impose aucun formalisme strict pour démissionner du CSE. Mais en pratique, un principe de prudence s’impose. Une lettre écrite est recommandée, même si le Code du travail ne l’exige pas expressément. Elle permet de matérialiser la volonté claire et non équivoque de l’élu, et de sécuriser la date de la démission.

Cette lettre est remise à : 

  • L’employeur ou son représentant, en sa qualité de président du CSE ; 
  • Le comité social et économique (notamment lors de la réunion suivante ou par tout autre moyen adapté). 

Il ne s’agit pas d’une validation. Simplement de s’assurer que la démission est portée à la connaissance de l’instance et de celui qui en assure la présidence. Par ailleurs, l’information garantit aussi le bon fonctionnement de l’instance, notamment pour organiser un remplacement ou apprécier l’impact sur le quorum.

La prise d’effet de la démission

La démission prend effet à la date à laquelle elle est portée à la connaissance de l’employeur. Autrement dit, la réception de la lettre marque, en principe, la fin du mandat.

L’élu peut toutefois prévoir une date d’effet différée, à condition de l’indiquer dans son courrier. Cette pratique est fréquente lorsqu’un remplacement doit être anticipé ou pour assurer une transition minimale dans le fonctionnement du CSE.

La démission étant un acte unilatéral, elle produit ses effets sans vote du CSE, sans accord de l’employeur et sans formalisme complémentaire. Toute tentative de conditionner la démission à une acceptation serait infondée.

Que se passe-t-il après la démission d’un membre du CSE ?

Le remplacement du membre démissionnaire

Lorsqu’un membre titulaire du CSE démissionne, son remplacement obéit à une règle simple : il est remplacé par un membre suppléant. Ce remplacement s’opère dans l’ordre de présentation de la liste électorale ayant permis l’élection du titulaire. Il ne s’agit ni d’un choix du CSE, ni d’une décision de l’employeur, mais de l’application automatique des résultats électoraux.

Si le titulaire démissionnaire est remplacé, le suppléant accède à la qualité de titulaire pour la durée restante du mandat. Il dispose alors de l’ensemble des droits attachés à cette fonction, notamment en matière de participation aux réunions et d’heures de délégation.

En revanche, en l’absence de suppléant disponible, le siège devient vacant. Ce qui peut nécessiter l’organisation d’élections partielles. 

Le remplacement de plusieurs membres démissionnaires

La démission simultanée ou successive de plusieurs membres du CSE soulève une question centrale : faut-il organiser une élection partielle ? La réponse dépend de critères strictement définis par le Code du travail.

Une élection partielle devient obligatoire lorsque 

  • le nombre de membres titulaires du CSE est réduit de moitié ou plus, 
  • un collège électoral n’est plus représenté. 

Il y a toutefois une exception si le mandat se termine dans moins de 6 mois, auquel cas, les nouvelles élections rééquilibreront le nombre d’élus. 

À l’inverse, aucune élection partielle n’est requise si les remplacements par les suppléants permettent de maintenir une représentation suffisante, ou si les vacances de sièges restent en deçà des seuils légaux. Dans ce cas, le CSE poursuit son activité normalement jusqu’au terme du mandat.

La démission d’un membre du CSE déclenche des effets en chaîne : remplacement de l’élu, vérification des seuils, mise à jour de la composition du CSE, contrôle du quorum et, parfois, organisation d’élections partielles. Une approximation ou un oubli peut fragiliser les décisions du CSE et exposer l’employeur à un risque juridique.

D’où l’importance de suivre les mandats et les situations individuelles. Et c’est encore avec des outils numériques qui centralisent l’ensemble de vos données. 

Digitalisez votre comité 

Dans la même catégorie 

Ces articles pourraient vous intéresser : 

Sommaire

Télécharger gratuitement

A propos de l'auteur

Eddy F

Responsable Marketing pour HappyPal, je me suis donné la mission d’aider les élus CSE à booster le pouvoir d'achat des salariés. Hors travail, je suis un mordu de lecture et de musique électronique.